
Lis d’abord le prompt
Chaque exemple affiche les mots exacts utilisés, pour que tu voies quelles parties de la description ont fait le boulot.
Huit prompts, démontés. Chacun montre ce qui revient, quelle instruction l’a décidé, et ce qui arrive à la sortie quand tu retires cette instruction.
En bref
A morceau à — . instrumental, .
lo-fi hip hop, 78 BPM, warm and unhurried. Instrumental, vinyl crackle, highs rolled off.
01 · Documentaire / voix off
Le prompt
Restrained documentary underscore, 72 BPM, A minor. Felt piano, sustained cello, light shaker. Steady with no builds, instrumental, midrange kept sparse for voiceover.
Un morceau lent et régulier, presque sans mouvement dynamique. Le piano reste bas et doux, le violoncelle tient de longues notes dessous, et le shaker tient le temps sans attirer l’attention. Rien n’arrive ni ne se résout — ça continue, et c’est ce qui laisse une voix se poser dessus pendant dix minutes sans fatigue.
“No builds” est l’instruction porteuse. Sans ça, presque tous les modèles ajoutent une montée quelque part dans la première minute, parce que build-and-release, c’est ce que font la plupart des données d’entraînement. “Midrange kept sparse” est la seconde : elle demande de laisser les médiums (300 Hz à 3 kHz) dégagés — l’espace de la parole. Ensemble, ça transforme un morceau en tapis.
Change une chose
Enlever “no builds” — Une montée apparaît vers 40 secondes et détourne l’attention de la narration exactement au pire moment.
02 · Vidéo courte
Le prompt
Punchy 15-second loop, 145 BPM, half-time trap feel. Detuned bell melody, 808 slide on the downbeat, crisp hi-hat triplets, one vocal chop stab. Hook lands immediately, loops seamlessly.
Quinze secondes denses et immédiates. Le motif de cloche s’énonce dès la première mesure au lieu de construire vers elle, la 808 glisse sur le temps fort, et les hi-hats remplissent l’entre-deux. Ça se termine où ça a commencé, donc le point de boucle est inaudible.
“Hook lands immediately” inverse le réflexe par défaut. Livré à lui-même, un modèle écrit une intro, parce que les chansons ont une intro — et en vidéo courte, l’intro est la partie que personne n’entend avant de scroller. “Half-time” est l’autre mot clé : à 145 BPM sans ça tu obtiens quelque chose de frénétique ; avec, la kick et la snare tombent à mi-vitesse et la track paraît lourde plutôt que rapide.
Change une chose
Retirer “half-time” — Les mêmes 145 BPM lisent comme de l’énergie drum and bass au lieu du poids trap — un genre complètement différent à un mot en moins.
03 · Streaming / étude
Le prompt
Chilled lo-fi, 92 BPM, F major. Dusty swung drums slightly behind the beat, warm Rhodes chords, soft sub-bass, faint vinyl crackle, highs rolled off. One level throughout, instrumental, loops seamlessly.
Une boucle chaude et légèrement floue sans aucun événement. Les drums traînent un poil derrière la grille, le Rhodes tourne sur quatre mesures, et le bruit de vinyle reste en dessous comme texture. Rien n’est mémorable — c’est le cahier des charges, pas un échec.
“Slightly behind the beat” est ce qui sépare ça d’un chill générique. Un lo-fi parfaitement quantifié sonne mécanique ; la traîne, c’est le genre. “Highs rolled off” et “vinyl crackle” demandent les artefacts que d’autres genres enlèvent — le lo-fi se définit par ce qu’il retire. “One level throughout” est l’instruction d’endurance : tout ce qui pique devient irritant à la troisième heure.
Change une chose
Ajouter “with a melodic lead” — Ça devient écoutable plutôt que de fond — mieux pour une première écoute, pire pour la cinquième heure d’un stream.
04 · Publicité
Le prompt
Thirty-second advertising bed, 120 BPM, C major. Plucked synth, light claps, rising sweep at 22 seconds, resolved chord landing exactly at 30 with a clean stop, not a fade. Instrumental, midrange open for voiceover.
Trente secondes claires et dégagées avec une forme nette : stable pendant vingt, un sweep montant, puis un accord qui tombe et s’arrête. Pas de fondu, pas de queue — ça s’arrête sur le temps que tu as acheté.
“Clean stop, not a fade” est l’instruction qui rend ça exploitable. Un fondu force le cut dans de l’audio qui décroit — audible. Nommer la position du sweep (“à 22 secondes”) donne au morceau un repère vers lequel construire, bien plus fiable que de demander “a build”. Générer à la longueur cible bat le fait de couper une track plus longue, parce que couper tranche en pleine phrase.
Change une chose
Demande 15 secondes à la place — L’arrangement compresse au lieu de tronquer — le sweep se déplace vers 10 secondes et résout quand même à l’heure.
05 · Écriture de chansons
Le prompt
Contemporary pop, 102 BPM, F# minor. Female vocal, conversational verses, pre-chorus lift, big open chorus with stacked harmonies. Piano and programmed drums in verses, guitars entering in the chorus. Two verses, chorus twice, bridge, final chorus.
Une chanson structurée plutôt qu’une boucle. Les couplets restent proches et retenus avec piano et drums programmées ; le pré-refrain se resserre ; le refrain s’ouvre avec des guitares et des harmonies superposées. Le pont change une fois de perspective avant le dernier refrain.
La structure explicite — “deux couplets, refrain deux fois, pont, refrain final” — empêche que le résultat soit juste une section qui se répète. L’autre consigne décisive, c’est la répartition de l’instrumentation : dire ce qui entre au refrain fait grossir le refrain par l’arrangement plutôt que par le volume, comme sur les vrais disques — c’est ça qui crée la montée.
Change une chose
Retire “montée de pré-refrain” — Le refrain arrive quand même mais retombe à plat — c’est le pré-refrain qui crée l’attente que le refrain vient satisfaire.
06 · Jeux
Le prompt
Fantasy game menu loop, 80 BPM, D dorian. Solo cello melody over harp arpeggios, soft choir pad. Patient and unhurried, instrumental, seamless loop with no obvious start point.
Un morceau lent et circulaire qui ne dit pas où il a commencé. Le violoncelle énonce une courte phrase, la harpe tourne en dessous, et le pad de chœur tient l’harmonie sans trop bouger. Il peut tourner vingt minutes sur un écran de menu sans s’imposer.
“Pas de point de départ évident” est la consigne qui le fait boucler proprement. Un morceau avec un geste d’ouverture clair annonce son redémarrage à chaque tour, et après cinquante boucles c’est tout ce qu’un joueur entend. Ré dorien bosse en douce aussi : le mode sonne ancien et légèrement en suspens sans être triste, raison pour laquelle tant de musiques de fantasy y vivent.
Change une chose
Passe en ré mineur — Le même arrangement devient mélancolique. La sixte majeure du dorien fait la différence entre nostalgique et sombre.
07 · Podcast
Le prompt
Podcast intro, 105 BPM, 15 seconds. Warm Rhodes chord, upright bass walk, brushed snare, one vibraphone flourish at the end. Conversational and inviting, instrumental, ends on a resolved chord.
Une petite figure chaleureuse avec une fin nette. Le Rhodes pose un accord, la basse marche en dessous, les balais tiennent le temps, et une seule phrase de vibraphone conclut. Ça résout au lieu de fondre, pour que l’animateur puisse commencer à parler proprement.
“Se termine sur un accord résolu” est ce qui la rend réutilisable semaine après semaine — une intro qui fond laisse l’animateur deviner quand entrer. “Une seule fioriture de vibraphone” est volontairement au singulier : demander une fioriture te donne une fioriture, en demander des te donne quinze secondes chargées qui se battent avec la première phrase de l’épisode.
Change une chose
Demande 8 secondes — La marche de basse disparaît et le vibraphone tombe plus tôt — plus serré, et mieux pour une émission qui démarre à froid.
08 · Hip-hop
Le prompt
Boom bap instrumental, 90 BPM, C minor. Hard sampled drums with slight swing, dusty jazz piano loop, upright bass. Midrange left open for a vocal. Instrumental.
Une boucle de quatre mesures avec un backbeat lourd et une courte figure de piano qui se répète. Le swing pousse les charleys légèrement en retard. Le milieu du mix est volontairement vide — rien ne vient concurrencer la place où la voix se poserait.
“Léger swing” fait la différence entre un beat qui avance et un beat qui joue juste ; un boom bap parfaitement quantifié sonne comme une démo. “Médiums laissés libres” est la consigne que la plupart oublient en générant un instrumental pour rapper dessus — sans ça, le piano remplit exactement les fréquences dont la voix a besoin.
Change une chose
Monte à 140 BPM et demande des charleys en triolets — Même instrumentation, genre totalement différent — ça devient trap, et la poche passe en half-time.
La colonne de gauche est ce que les gens tapent vraiment. Rien n’est faux exactement — c’est juste sous-spécifié, et le modèle comble les trous avec ce qui est le plus courant dans ses données d’entraînement.
| Faible | Plus fort | Pourquoi |
|---|---|---|
| musique chill | lo-fi hip hop, 78 BPM, Rhodes chaud, batterie poussiéreuse et swinguée, craquement de vinyle, instrumental | La version faible nomme une humeur sans contenu acoustique. Tous les paramètres qui décident du son — tempo, instruments, texture — sont laissés au hasard. |
| musique cinématographique épique | orchestre cinématographique, 90 BPM, ré mineur. Piano seul et cordes graves, taiko à 20s, cuivres pleins à 45s, arrêt net à 60s | “Épique” décrit un effet, pas une cause. Dire où commence la montée et où elle atterrit, c’est ça qui produit l’effet. |
| chanson joyeuse et entraînante pour ma vidéo | indie-dance lumineuse, 124 BPM, la majeur. Riff de guitare clean, charleys disco, claquements sur 2 et 4. Instrumental, hook dans les deux premières secondes | Deux adjectifs et un cas d’usage ne donnent rien de concret au modèle. La version solide précise les quatre choses qui changent vraiment le rendu. |
| un beat rap | boom bap, 90 BPM, do mineur. Batterie samplée bien lourde avec léger swing, piano jazz poussiéreux, contrebasse, médiums ouverts pour la voix | Le rap va de 85 à 150 BPM selon des sous-genres qui n’ont presque rien en commun. Le tempo et le traitement de la batterie font le genre. |
| musique de fond, pas trop fort | underscore documentaire, 72 BPM, la mineur. Piano feutré et violoncelle tenu, pas de montées, médiums clairsemés pour la voix off | Le niveau sonore est une décision de mix que tu prends après, pas quelque chose qu’un générateur contrôle. Ce que tu veux vraiment, ce sont des dynamiques plates et des médiums clairs. |
| chanson comme [artiste célèbre] | R&B contemporain, 72 BPM, si bémol mineur, half-time. Lead féminin doux avec harmonies empilées, Rhodes chaud, sub-basse profonde, claquements de doigts | Nommer un artiste est peu fiable et juridiquement bancal. Décrire ce qui fait ce son-là chez cet artiste est à la fois plus efficace et publiable sans risque. |
Chaque prompt solide ci-dessus nomme les mêmes cinq choses : le genre, le tempo, l’instrumentation, une décision explicite sur les voix, et une instruction structurelle — où atterrit une montée, comment ça se termine, quoi laisser de côté. L’instruction structurelle est celle que la plupart des gens zappent et celle qui décide le plus souvent si le résultat est exploitable, parce que c’est la seule partie que le modèle ne peut pas deviner d’après les conventions du genre.
Remarque à quel point l’instruction décisive est souvent une négation — « pas de montées », « pas de point de départ évident », « médiums laissés libres », « arrêt net, pas de fondu ». Dire à un modèle quoi ne pas faire le contraint bien plus nettement qu’un adjectif de plus, parce que les adjectifs, il peut les satisfaire à la louche, alors que les interdictions, non.
Continue
À l’intérieur
Le prompt, et le morceau qu’il a produit.

Chaque exemple affiche les mots exacts utilisés, pour que tu voies quelles parties de la description ont fait le boulot.
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Pourquoi ça existe
Une liste de fonctionnalités te dit qu’un outil gère douze genres. Un exemple te dit si son lo-fi vaut quelque chose.
Voir les mots qui ont produit un résultat t’en apprend plus que n’importe quelle quantité de description.
Des exemples choisis pour être représentatifs plutôt qu’exceptionnels sont plus utiles, même s’ils impressionnent moins.
Chaque exemple est fait pour être copié et modifié, pas admiré.
Le prompt exact, ce qu’il a produit, le mot précis qui a décidé du résultat, et ce qui change quand tu l’enlèves. Le schéma compte plus que n’importe quel prompt pris isolément.
C’est fait pour. Copie-en un, change un seul truc, et compare — changer une variable à la fois est la façon la plus rapide d’apprendre ce que fait chaque mot.
Parce que la plupart des mots d’un prompt sont vagues et quelques-uns portent la structure. Le tempo, les noms d’instruments et l’époque de production sont des leviers ; des adjectifs comme « sympa » ou « épique » sont résolus par le modèle, pas par toi.
En grande partie. Le genre, le tempo et l’instrumentation se transfèrent bien entre modèles. Les balises de structure et les consignes négatives sont les éléments qui changent de comportement selon la plateforme.
Décrire un ressenti au lieu d’un son. « Émotionnel » produit une moyenne de tout ce que le modèle a vu étiqueté comme tel ; « violoncelle solo, pas de percussions, 60 BPM » produit un enregistrement précis.
Trois ou quatre suffisent pour voir le schéma. Le but n’est pas d’empiler des prompts mais de repérer quels types de mots changent un résultat et lesquels sont décoratifs.
Prends un prompt, change un truc, et entends la différence.